En bref : en Suisse, l'assurance maladie de base (LAMal) rembourse les soins à domicile prescrits par un médecin — évaluation, traitements, soins de base — mais pas l'aide : ménage, courses, repas, accompagnement, présence, compagnie. Cette partie-là reste à la charge de la famille, avec plusieurs sources de financement possibles : allocation pour impotent de l'AVS/AI, prestations complémentaires, assurance complémentaire, et selon les cas des aides cantonales ou communales.

C'est la confusion la plus fréquente, et elle coûte cher aux familles qui la découvrent trop tard : « soins » et « aide » ne sont pas financés de la même manière. Comprendre cette distinction est la clé de tout le reste.

La distinction qui commande tout : soins ≠ aide

Soins (prestations médicales)Aide et accompagnement
ExemplesPansements, injections, préparation et contrôle des médicaments, aide à la toilette prescrite, évaluation infirmièreMénage, lessive, courses, préparation des repas, accompagnement aux rendez-vous, compagnie, présence de jour ou de nuit
Qui paieAssurance de base (LAMal), sur prescription médicale, avec une participation de l'assuré ; le solde est pris en charge selon le régime cantonalLa personne ou sa famille, sauf financement spécifique (voir ci-dessous)
ConditionPrescription du médecin et intervention par une organisation ou un·e professionnel·le reconnu·eAucune prescription nécessaire — mais aucun remboursement automatique non plus

Autrement dit : la Spitex qui vient faire un pansement est largement financée. La personne qui tient compagnie à votre mère l'après-midi, prépare ses repas et l'empêche de tomber ne l'est pas — alors que c'est souvent elle qui permet le maintien à domicile.

Les sources de financement, une par une

1. L'assurance maladie de base (LAMal)

Elle prend en charge les soins à domicile prescrits par un médecin. L'assuré participe aux coûts via sa franchise et sa quote-part, ainsi qu'une participation aux coûts des soins ; le financement résiduel est assuré selon les règles du canton. Cela ne couvre pas l'aide au ménage ni l'accompagnement.

2. L'assurance complémentaire

Certaines complémentaires prévoient une contribution à l'aide au ménage ou à l'aide à domicile non médicale, souvent plafonnée par an. C'est très variable d'un assureur et d'un contrat à l'autre — cela vaut toujours un appel à la caisse, car beaucoup de familles ne le demandent jamais.

3. L'allocation pour impotent (AVS/AI)

Versée par l'AVS (ou l'AI) à une personne qui a besoin de l'aide d'autrui pour les actes ordinaires de la vie — se lever, s'habiller, se laver, manger, se déplacer. C'est une allocation en espèces : elle n'est pas liée à des factures et peut donc financer de l'accompagnement non médical. Elle est souvent sous-demandée. Voir notre guide de l'allocation pour impotent.

4. Les prestations complémentaires (PC)

Pour les personnes dont la rente ne couvre pas les besoins vitaux. Au-delà de la prestation annuelle, les PC peuvent rembourser des frais de maladie et d'invalidité, dont certains frais d'aide et de soins à domicile, dans les limites fixées par le canton. À demander auprès de la caisse de compensation ou du service PC de votre commune.

5. Les aides cantonales et communales

Chaque canton romand organise différemment le soutien au maintien à domicile, et certaines communes ajoutent leurs propres contributions. C'est la source la plus mal connue et la plus inégale : renseignez-vous auprès du service social de votre commune, qui est en général le point d'entrée le plus rapide.

6. La part privée

C'est ce qui reste, et pour l'accompagnement c'est souvent l'essentiel. Voir notre page coût de l'aide à domicile pour les ordres de grandeur en Suisse romande.

Est-ce vraiment plus cher qu'un EMS ?

Beaucoup de familles s'orientent vers l'institution en supposant qu'elle est moins coûteuse. Quand on compare le coût complet — pension, soins, participation, et ce que la famille assume par ailleurs — l'écart est souvent bien plus faible qu'attendu, en particulier pour un accompagnement partiel plutôt qu'une présence continue. Nous avons détaillé la comparaison ici : aide à domicile vs EMS : comparatif des coûts, et par canton : maison de retraite ou aide à domicile.

Employer directement ou passer par une agence ?

Engager quelqu'un en direct paraît moins cher à l'heure. Cela fait de vous un employeur : affiliation AVS, assurances sociales, assurance accident, contrat, remplacement en cas de maladie ou de vacances, et responsabilité en cas de problème. Une agence intègre ces obligations dans son tarif. La bonne question n'est donc pas le prix horaire, mais ce que chaque option comprend — et qui porte le risque. Voir engager en direct ou passer par une agence.

Par où commencer, concrètement

  1. Parlez-en au médecin traitant : c'est lui qui prescrit les soins remboursés par la LAMal.
  2. Appelez votre caisse maladie et demandez précisément ce que la complémentaire couvre en aide au ménage et aide à domicile.
  3. Déposez une demande d'allocation pour impotent si votre proche a besoin d'aide pour les actes quotidiens — c'est l'aide la plus souvent oubliée.
  4. Contactez le service social de votre commune pour les prestations complémentaires et les aides locales.
  5. Chiffrez le besoin réel — combien d'heures, à quels moments — avant de comparer les offres.

Les montants, les plafonds et les conditions varient selon le canton et sont révisés régulièrement. Cet article décrit les mécanismes de financement ; vérifiez les chiffres applicables à votre situation auprès de votre caisse maladie, de votre caisse de compensation et du service social de votre commune.

L'approche Eldy

Nous intervenons sur la partie accompagnement — celle que l'assurance ne prend pas en charge — avec un·e intervenant·e dédié·e, et en coordination avec les soins infirmiers lorsqu'ils sont nécessaires. Lors de la consultation gratuite, nous établissons avec vous le besoin réel en heures et les financements auxquels votre proche peut prétendre, avant tout engagement.

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